La plantation des rosiers, plus favorable durant les mois d'hiver, est une opération qui craint cependant le gel. Il faut donc, durant les périodes gélives, s'abstenir de les planter mais on peut les mettre en jauge dans un endroit abrité dans l'attente d'une période plus favorable. La plantation elle-même répond à des opérations précises telles habillage des racines, pralinage, taille d'extrémité ou cuvette d'arrosage. Il faudra aussi prévoir tuteurage et palissage pour les rosiers grimpants.
Comme tous les arbustes, les rosiers doivent être plantés dans une terre bien préparée, c’est-à-dire suffisamment ameublie pour que racines et radicelles se développent sans peine dès la plantation. Il faut donc bêcher la terre sur une profondeur de quarante à cinquante centimètres, au minimum trois semaines avant la plantation. S’il faut amender ou apporter de l’engrais, mieux vaut s’y prendre plus tôt encore. Éliminez toutes les mauvaises herbes, qui nuiraient forcément à la reprise de la plante, soit en la concurrençant, soit en l’étouffant.
Bien que protégés par des sacs en plastique, les rosiers sont presque toujours livrés racines nues. Pour assurer une reprise rapide de la plante, il faut “habiller” ses racines, c’est-à-dire couper leurs extrémités sur quelques centimètres, de préférence avec un sécateur après en avoir désinfecté les lames au formol, à l’éther ou, plus simplement, avec la flamme d’un briquet.
Pour aider au développement rapide des radicelles, trempez tout le pied d’un rosier dans une boue liquide à laquelle vous aurez ajouté des hormones de reprise présentées en poudre, vendues par les grainetiers. Cette opération, appelée pralinage, favorise considérablement la reprise après plantation.
Si les tiges du rosier sont quelque peu desséchées à leurs extrémités, n’hésitez pas à les couper au sécateur, en les taillant cinq millimètres environ au-dessus d’un œil.
Le trou nécessaire à la plantation doit, bien sûr, être proportionnel à l’importance des racines du rosier. En général, le fer de bêche constitue une bonne référence (trente à quarante centimètres).
Une fois le trou creusé, disposez au fond un petit monticule de terre ; il permet d’asseoir convenablement les racines en les étalant. Rebouchez le trou en tassant progressivement la terre, de façon à former une cuvette destinée à retenir l’eau d’arrosage. Le bourrelet correspondant à la greffe doit être à peine recouvert.
Si un apport d’engrais a été nécessaire, celui-ci doit être parfaitement mélangé à la terre de rebouchage. En effet, les racines du rosier ne doivent jamais se trouver en contact direct avec l’engrais.
Arrosez abondamment au goulot (un arrosoir entier, soit une dizaine de litres par plante). Renouvelez l’opération dès que la terre se dessèche, à condition qu’il ne gèle pas. S’il s’agit de replanter pour remplacer de vieux rosiers, n’oubliez pas qu’il faut absolument renouveler la terre, car les racines des vieux rosiers puisaient très profondément leur nourriture, ce que ne pourront faire dans l’immédiat les jeunes plants.
La plantation de rosiers tiges demande la mise en place d’un tuteur. Plantez-le dans le trou avant la mise en place de la plante, afin d’éviter d’abîmer les racines. Le sommet du tuteur doit se situer juste en dessous de la greffe. Placez-le de préférence du côté des vents dominants. Procédez à une ligature souple (préférez les liens à revêtement mousse) en plusieurs points du porte-tige. Les opérations concernant l’habillage et le pralinage restent semblables à celles des rosiers buissons.
Après plantation, il faut palisser les branches charpentières d'un rosier grimpant, sans les couper court comme un rosier buisson.
Il faut disposer des moyens de palissage : treillage en bois, en plastique, fils de fer tendus, etc.
Le buttage, toujours souhaitable, s’avère indispensable dans les régions froides. II consiste à recouvrir de terre la partie aérienne du rosier nouvellement planté, après l’arrosage, lorsque la terre a complètement absorbé l’eau. Par temps très rigoureux, un paillage peut compléter le buttage.
Pour un rosier tige, il est impossible de butter au-delà de quelques centimètres de tige. Par froid exceptionnel, vous pouvez entourer le tronc de vieux sacs et encapuchonner la tête.