En Bretagne, dans les années 1960, il était courant de surcharger les joints des murs en pierre et de les peindre en blanc pour les faire ressortir. Cependant, cet effet de faïençage vieillissait mal. Retour au joint beurré traditionnel, plus naturel et valorisant pour sublimer la pierre.
Pour le dégarnissage des joints sur de grandes surfaces, un petit marteau-piqueur électrique avec pointe est recommandé, bien que le travail manuel reste efficace.
Pour le nettoyage à l'acide, équipez-vous impérativement de gants en caoutchouc et de lunettes de protection. Diluez toujours l'acide dans l'eau, jamais l'inverse !
Comme de nombreuses maisons bretonnes, cette construction utilise des moellons de schiste rehaussés de linteaux et embrasures en granit bouchardé. Traditionnellement assemblés à la terre glaise ou au mortier maigre de chaux, ces murs exposés à l'ouest étaient vulnérables aux infiltrations.
Les artisans ont adopté un jointoiement couvrant au mortier bâtard (ciment + chaux), efficace contre l'humidité mais esthétiquement discutable. Cette rénovation protège tout en restaurant authentiquement le relief des pierres.
Le "piochage" des joints exige de la persévérance plus que du savoir-faire. Utilisez une pointerolle inclinée légèrement, frappée d'une massette de 1,2 kg. Portez des gants de protection ! Optez pour une broche avec garde en caoutchouc pour éviter les accidents.
Les joints, riches en ciment, se détachent par morceaux, révélant la glaise originelle, des petites pierres et du schiste à éliminer. Dégarnissez sur 3 cm de profondeur. Comblez les vides avec des pierres adaptées ; élargissez les pincements au burin plat.
Variez le travail en alternant dégarnissage et remplissage. Arrosez abondamment au jet pour enlever terre, sable et impuretés, assurant l'adhérence du nouveau mortier.
Objectif : imperméabiliser sans altérer l'esthétique. Choisissez un mortier onctueux, résistant mais souple, mêlant ciment et chaux. Utilisez des mélanges prêts-à-l'emploi (50/50 ciment/chaux hydraulique, comme Baticim de Calcia ou Multibat de Lafarge).
Les maçons locaux ajoutent du ciment pour la dureté et un adjuvant pour l'imperméabilité. Par seau de 10 L de mélange : 2,5 L de ciment + 20-25 L de sable fin. Eau : max. 50 % du poids chaux-ciment. Maintenez les proportions pour une teinte uniforme (gris ici, ou clair avec chaux blanche NHL 25).
Humidifiez la façade la veille et avant application. Prenez 1-2 truelles de mortier sur une taloche. Poussez-le dans les joints avec une truelle langue de chat, en pressant fermement. Serrez les joints minces avec un fer étroit ; contournez les moellons.
Pour joints profonds, deux passes avec séchage intermédiaire. Après quelques heures, brossez l'excédent (brosse métallique souple). Creusez légèrement les joints ; plus pour granit.
Finition : brosse Nylon/coco. Nettoyez à l'éponge humide. Neutralisez la laitance à l'acide chlorhydrique (1:4 avec eau), rincez au jet pour un relief net.
Attaquez les joints à la base avec broche inclinée. Creusez 3 cm jusqu'à la glaise originelle.
Écrasez les liants ? Élargissez au riflard ou burin plat.
Arrosez pour éliminer poussières et débris. Humidifiez la veille et avant.
Comblez les cavités avec pierres plates.
Poussez le mortier avec taloche et truelle.
Laissez tirer, serrez au fer.
Brossez pour dégager arêtes.
Finition coco/Nylon, éponge humide.
Pour granit : élargissez pour relief.
Rejointoyez pareil, gardez trous authentiques.
Brossez large pour saillie des pierres.
L’enduit ciment se décolle sur maison de 1939 (moellons à la chaux). Retirer et rejointoyer ou enduire direct ?
Réponse de Christian Pessey :