Si l'origine de bien des pelouses se situe sur le champ devenu terrain à bâtir qui entourait bien des pavillons, d'autres espaces verts ont été créés de toutes pièces à partir d'un sol totalement travaillé dans ce but, avec labour de la terre, affinage, roulage et ratissage et enfin semis et arrosage. Tendre et fragile à ses débuts, ce gazon-là, demandeur de soins attentifs, vous rendra la satisfaction de profiter d'une pelouse digne d'un jardin anglais.
On peut obtenir une pelouse à partir d’une prairie en la tondant régulièrement, en la roulant par temps légèrement humide pour niveler les irrégularités de terrain, en la traitant à l’automne avec un désherbant gazon qui élimine les plantes à feuilles larges qui poussent au détriment de l’herbe.
La création d’une pelouse est une opération d’envergure qui doit être menée avec beaucoup de soin et de méthode, car la dépense qu’elle entraîne est importante, du fait du prix élevé des semences. Elle demande également beaucoup de travail et de patience. Il ne faut jamais oublier qu’il s’écoule parfois plus de six mois entre le labour et la levée des graines et qu’on risque donc de vivre avec un terrain nu et labouré pendant toute cette période. Si vous n’avez pas cette patience et ce courage, sachez qu’il est possible d’engazonner une prairie sans labourer la terre.
• Le labour
Si la pelouse doit être créée de toutes pièces à partir d’une prairie sauvage, il est nécessaire de procéder au défoncement du sol, c’est-à-dire à son ameublissement en profondeur (40-50 cm).
Si le sous-sol et le sol (couche de terre arable) sont très différents, on cherchera à ne pas les mélanger et l’on procédera donc à un labour à double jauge. Celui-ci n’est possible qu’à la bêche, ce qui le réserve bien sûr à la création des pelouses de petites dimensions.
Pour travailler une surface dépassant quelques centaines de mètres carrés, il est nécessaire de recourir à l’utilisation de machines aratoires, motoculteurs ou charrues tractées. S’il s’agit simplement de recréer un gazon, il suffit de bêcher à simple jauge ou de labourer superficiellement la terre (motobêche).
La meilleure période pour un ameublissement en profondeur du terrain est la fin de l’été et le début de l’automne. En effet, à cette époque, l’herbe a pratiquement cessé de pousser, et les dernières chaleurs assèchent les racines des mauvaises herbes mises au jour à la suite du labour. On laissera le terrain en l’état pendant tout l’hiver, les pluies pénétrant profondément et les gelées disloquant progressivement les mottes. Au cours du labour, on peut procéder aux apports d’engrais si le terrain semble pauvre et aux amendements éventuellement nécessités par une terre mal équilibrée. Un contrôle de sa teneur en éléments humifères et de son degré d’acidité (évaluation du pH) vous permettra de procéder aux éventuelles corrections en fonction de la nature du semis que vous aurez choisi d’entreprendre.
• L’affinage et le nivellement
Pour les pelouses de petites dimensions, vous pouvez travailler manuellement au croc ou, à la rigueur, à la houe, l’affinage et le nivellement se faisant ensuite au râteau. Là encore on doit recourir à des engins mécaniques sitôt que la pelouse dépasse quelques centaines de mètres carrés.
Jusqu’à 1 000 ml, la motobêche ou le motoculteur équipé de fraises suffiront largement. Au-delà, il faut recourir à un matériel agraire plus sophistiqué du genre Rotocultivador, composé de fraises à grand rendement ; cet outil s’adapte généralement sur les motoculteurs assez puissants et sur la prise de force des tracteurs. L’expérience prouve que la machine ne remplace pas complètement la main de l’homme.
• Le désherbage
La terre convenablement préparée (labourée, affinée, nivelée, désherbée et éventuellement amendée) est maintenant propre au semis.
Pour offrir au semis une surface aussi plane que possible, sur laquelle la graine peut parfaitement adhérer, il est bon de procéder au roulage de la future pelouse. Là encore, l’outil doit être adapté à la taille du terrain. On utilisera donc soit un rouleau en tôle lestable à l’eau, que l’on pousse devant soi, soit un ou plusieurs rouleaux (montés en série) tirés par un tracteur.
• L’époque du semis
Le fait de semer à la fin du printemps, voire au début de l’été, est en général contradictoire avec les besoins en eau des graines. Vous devez par conséquent prévoir la possibilité d’arroser de façon pour ainsi dire constante la pelouse nouvellement ensemencée.
Le semis d’automne est possible dans les régions où l’hiver n’est pas trop rigoureux. Mais il reste cependant exposé aux risques de gelées précoces qui compromettraient la reprise ultérieure de la pousse.
• La technique du semis
Pour les grandes surfaces, cette technique est, on s’en doute, insuffisante. Mais il existe des machines très élaborées qui font ce travail. Elles sont en principe automotrices, dotées de rouleaux alvéolés qui permettent de tasser, de niveler la terre et de préparer l’implantation des graines. Elles permettent d’autre part, grâce à une double trémie, d’épandre les engrais puis les semences. Enfin, un peigne placé à l’arrière de l’ensemble assure l’enfouissement des graines.
• Les soins à la levée